Général

Le poly-amour était une nécessité

amour

Une monogame très convaincue

Ne vous y trompez pas ! Hypatia n’a pas toujours été polyamoureuse. Contrairement à plusieurs d’entre vous qui sentez que vous êtes nés comme ça, je ne suis pas tombée dans la potion du poly-amour étant petite. J’avais adhéré très fort aux idéaux de la monogamie, et j’ai commencé la vie maritale bien jeune : J’avais 23 ans et Victor 21 ans lorsqu’on s’est mariés! Mon éducation religieuse m’avait équipée de 1001 manières d’éviter le péché d’adultère, tentation suprême, et je dois dire que la monogamie nous a assez bien réussi pendant plusieurs années. Il y a d’ailleurs une partie de moi qui reste convaincue que si on ne peut pas réussir un couple monogame, il y a peu de chances qu’on puisse réussir des relations polyamoureuses ; après tout, deux relations amoureuses, c’est plus exigeant qu’une seule, et trois encore plus.

Pour réussir dans le polyamour, il faut être doué pour l’amour tout court. Si vous êtes pas capable de jongler à trois balles, c’est pas en rajoutant plus de balles que vous allez devenir meilleur par magie…

Le refus de l’infidélité

Mais la vie te fait rencontrer des personnes extraordinaires avec qui ça connecte super fort, même si tu essaies d’éviter ça parce que tu es déjà en couple. Je n’aimais pas du tout l’idée de l’infidélité, alors je « faisais un nœud dedans », comme on dit (mes lecteurs européens me pardonneront cette expression très québécoise. Ça veut tout simplement dire « s’abstenir »).

Mais je trouvais incroyablement injuste de ne pas pouvoir vivre ce que je sentais que j’avais à vivre avec ces autres personnes dont je tombais amoureuse. J’étais assez révoltée par l’idée qu’une relation qui naissait de nobles sentiments de connexion, de désir, de complicité et de plein de choses positives était transformée en quelque chose de laid parce que la seule manière de le vivre aurait été l’infidélité.

Pouvoir vivre la beauté des amours multiples

Je voulais pouvoir vivre ces amours et que ce soit beau, et que ça ne brise pas la relation que j’avais déjà avec Victor et qui était belle aussi. Car c’était clair pour moi que je ne tombais pas amoureuse d’autres personnes parce qu’il me manquait quelque chose dans ma relation actuelle, un point que j’ai déjà abordé dans un précédent article. Mais on ne connaissait pas le polyamour. Au début, on n’envisageait que de s’ouvrir sexuellement à d’autres personnes, et pas chacun de son coté, mais toujours à deux. On voulait des 3-somes. En espérant naïvement que ça m’évite de tomber amoureuse lorsque ça connectait trop avec quelqu’un… (oui, vous pouvez rire de nous, c’était naïf !) Ça a tout de même fonctionné un bout : on a été échangistes pendant plus de 6 ans avant que Clio débarque dans notre vie et vienne irrémédiablement changer la donne, avec son trop-plein d’amour à déverser, et son besoin infini de recevoir elle-même de l’amour en quantité titanesque. La suite viendra sans doute dans un autre article encore !

Je résumerais cela en disant que pour moi, le polyamour était une nécessité, même si je ne le savais pas au début de mon parcours amoureux, au début de l’age adulte.

L’amour s’offre trop souvent à moi, trop abondamment pour que je puisse constamment lui tourner le dos. Le polyamour, c’est avant tout pour moi la possibilité de dire oui à l’amour quand il se présente dans ma vie.

Et vous, comment en êtes-vous venu au polyamour ?

Hypatia

Sur le même thème

2 Commentaires

  • Répondre
    Xav
    2 avril 2016 at 10:00

    Salut !
    Pour ma part, j’ai commencé ma vie amoureuse par un couple monogame pendant 4 ans. Ma chérie de l’époque me trompe et me l’avoue, mais je comprenais pas en quoi ça pouvait modifier fondamentalement notre propre relation.

    S’en suit une phase de 2 ans où je me défini comme étant en libertinage amical, superposant plusieurs relations en étant honnête pour ne pas me sentir mal dans le mensonge permanent.

    Puis une de mes chéries me propose alors de construire un couple. Je lui explique que je ne veux surtout pas d’exclusivité. On décide de tenter l’aventure, de fabriquer notre propre modèle de couple expérimental, en tâtonnant avec de nombreuses maladresses. On met quelques années à trouver notre équilibre. On tombe sur le mot polyamour.

    Aujourd’hui, on est marié-e depuis un peu plus d’un an, avec le projet de devenir parents prochainement 🙂

  • Répondre
    swann de coachella
    30 mars 2016 at 22:25

    Bonjour,

    Amusant, on a quasiment le même parcours. La seule chose, c’est que mon mari et moi demandons de rester le premier et la première pour l’autre.
    Mon mari vient de craquer sur une amie, (en fait, c’est moi qui ai favorisé leur rencontre car je sentais, à ce moment-là de sa vie, qu’il en avait besoin. Altruisme ? Non, pas tant que ça. Je préfère avoir un mari polyamoureux, souriant détendu et positif qu’un mari monogame, sombre agressif et constamment en train de se rendre malade pour tout et rien, et lui tient le même raisonnement,) ce qui est une nouvelle étape.

    Bonne journée !

  • Répondre

    19 − 7 =