Sexualité

L’homosexualité masculine en Grèce ancienne Partie 1 : Pénétrer et être pénétré (tout droit dans le vif du sujet !)

homosexualité masculine

Si l’on envisage l’homosexualité masculine telle qu’elle se vivait en Grèce ancienne, on aurait tendance à dire que cette société était très avancée par rapport à la notre en matière d’ouverture d’esprit. En effet, il était considéré naturel qu’un homme soit amoureux d’un autre, et personne ne voyait d’un mauvais œil quand l’amitié profonde qui liait deux hommes puisse trouver son expression à travers la sexualité.

L’amour entre deux hommes était considéré comme la forme la plus élevée d’amour qui existait. Venait ensuite l’amour entre un homme et une femme et enfin, l’amour entre deux femmes, qui est très malheureusement peu documenté. D’une part, les femmes étaient moins nombreuses à se faire écrivaines et à coucher sur papyrus les détails de leurs relations amoureuses, mais également, ces textes, s’ils existèrent, furent par la suite jugés sans intérêt ou trop scandaleux et furent donc détruits sans avoir été recopiés.

Homosexualité masculine et codification sociale

Cette acceptation sociale de l’homosexualité chez les Grecs anciens ne doit toutefois pas masquer certains éléments qui la rendent très différente de l’homosexualité masculine telle que nous l’envisageons aujourd’hui. Pour commencer, les rôles des protagonistes au sein de la relation étaient très codifiés du point de vue de l’amour, du désir, et du désir de plaire. Une relation entre deux hommes impliquait le plus souvent un homme plus jeune, qui devait être initié et introduit en tant que nouvel adulte dans la vie sociale de la cité, et un homme plus vieux, qui lui servait de mentor. Le sentiment amoureux et le désir sexuel ne devaient être manifestés que par l’homme plus âgé envers le plus jeune. L’expression d’un désir de la part du plus jeune homme envers son mentor aurait été déplacée. Celui-ci se devait plutôt de démontrer son affection envers son amant en manifestant de l’empressement à lui plaire et une volonté de satisfaire ses désirs. Chacun avait donc un rôle qui lui était dévolu, et il n’était pas question d’en déroger, au risque de devenir un objet de désapprobation.

Les codes sociaux étaient tout aussi stricts quand aux rôles respectifs des amants au moment des relations sexuelles ; l’action ne se déroulait pas selon l’envie du moment, mais en tenant compte de la hiérarchie inhérente à la relation : l’homme plus âgé était considéré supérieur au plus jeune. Ainsi, l’ordre « normal » des choses voulait que la personne « supérieure » soit celle qui pénètre, et la personne « inférieure » soit la personne pénétrée, car être pénétré était considéré comme un rôle « féminin », bien que, visiblement, les hommes recevaient également la pénétration en contexte homosexuel. Si la personne supérieure était pénétrée par la personne inférieure, cet acte était considéré comme une perversion, car l’ordre dit naturel des choses avait été inversé.

Dans un tel contexte, on comprend que la liberté liée à une meilleure acceptation de l’existence de l’homosexualité masculine n’était qu’apparente, puisque ces relations étaient encadrées d’une manière qui ne serait pas imaginable de nos jours. Si les hommes avaient la liberté de vivre leur amour, ils n’avaient néanmoins pas, comme aujourd’hui, la latitude de déterminer eux-mêmes quelle forme allait prendre l’expression de cet amour.

À suivre…

L’homosexualité masculine en Grèce ancienne – Partie 2 : Le « mariage pour tous », ça voulait dire autre chose à cette époque…

Téléchargez gratuitement

deux chapitres de mon nouveau livre

chapitres

Sur le même thème

Aucun commentaire

Répondre

5 × cinq =