Ruptures et transitions

Tout me fait penser à elle…

elle

La rupture est fraîche. Je ne sais même plus c’est arrivé quand, tant il y a eu de discussions avant d’en arriver à l’inévitable. Ça semble si loin, ce moment insouciant où nous pensions encore que nous avions toute la vie devant nous pour nous aimer. Et pourtant, c’est arrivé si vite. Fatidique, le moment où nos opinions divergentes sur notre manière de percevoir l’amour et de gérer l’aspect « poly » de polyamour.

C’est maintenant terminé. Mais ce n’est que le début. Le début du processus de deuil. Pourtant, j’ai vécu suffisamment de ruptures pour savoir que la fin d’une relation n’est pas la fin de la vie.

Je marche dans la fraicheur automnale sur les trottoirs montréalais, éclairée par le soleil qui continue de briller comme s’il n’avait pas compris la gravité de la situation.

J’entre dans une boutique de lingerie. Shopping-thérapie que j’appelle ca. Mauvaise idée. Au milieu des dentelles et des satins affriolants, mes yeux se remplissent d’eau…

 »Tout va bien pour vous? » demande rhétoriquement la vendeuse payée au salaire minimum.

 »oui, parfait, merci » lui réponds-je d’une voix que je ne reconnais pas, tant j’arrive bien à simuler que tout est normal. Si j’avais répondu sincèrement, j’aurais plutôt dit ceci :  »non, ça ne va pas du tout, je viens de voir la nuisette de dentelle bleue que j’ai offerte à mon amoureuse pour son anniversaire ».

Comme le soleil, la vendeuse ne semble pas se rendre compte de la gravité de la situation. Mon monde s’est écroulé, et partout autour, il y a toujours quelque chose pour me rappeler de ce que j’ai perdu. À l’épicerie, je pleure chaque fois que je passe devant la section  »sans gluten » et que je réalise que je ne cuisinerai plus pour la femme que j’aime. Partout en ville, les endroits où nous sommes allées, les rues ou nous avons marché main dans la main… Meme passer devant la SAQ (note aux lecteurs européens : SAQ = Société des Alcools du Québec) me rappelle cette fois où elle avait constaté, l’air faussement outrée, que j’étais allée acheter une bouteille de vin vêtue d’un chemisier particulièrement transparent.  »Bein quoi? avais-je répondu avec une feinte innocence… le vendeur m’a répondu avec empressement et j’ai eu un excellent service ». Nous avions ri, et la blague était restée: chaque fois que l’une de nous était vêtue un peu trop sexy, on disait que c’était pour aller acheter du vin à la SAQ. Avec elle, tout était prétexte à rigoler.. Désormais, je ne rirai plus avec elle…

Ceux qui ont déjà vécu un chagrin d’amour comprendront. Lorsqu’on perd quelqu’un, tout nous rappelle cette personne…

Je ne sais pas si cela me console vraiment de penser que je ne suis pas la seule dans cette situation… À défaut, j’espère que mes mots seront de quelque réconfort pour quelqu’un d’autre…

Affectueusement,

Hypatia

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2 Commentaires

  • Répondre
    Agatha
    19 octobre 2016 at 14:38

    Désolée pour cette douleur, Hypatia… et courage en ces temps troublés.

    • Répondre
      Hypatia
      20 octobre 2016 at 05:47

      Merci Agatha. Aimer beaucoup veut aussi dire beaucoup de chagrin. Mais chaque minute de bonheur avec mon amoureuse en a valu la peine.

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